Maintenant, nous sommes entrés
dans le pavillon Sol.

Pavilion Sol Mn

Carolina : Oui en effet. Nous sommes plus que 7 milliards sur terre, donc je dois évidement me restreindre à un nombre de vies limité. Mais cette restriction soulevait certaines questions : Quels sujets choisir ? Puisque je ne peux pas peindre des vies de chaque culture, lesquelles choisir ? Et comment dépeindre un destin en une œuvre unique? Ce que vous voyez est la réponse à ces questions. Parce que les œuvres seraient trop imposantes pour être peintes sur une toile de 1 mètre sur 1 mètre, j’étais confrontée à un problème d’espace. C’est pourquoi, pour des raisons pratiques, ces œuvres sont étalées sur plusieurs panneaux. Le mur de mon studio était juste assez haut pour avoir une vue d’ensemble. A la fin, l’assemblage de ces panneaux semble assez bien fonctionner pour raconter l’histoire d’une vie. Toutes les histoires s’achèvent au milieu de la toile. Je suis très satisfaite d’en être venue à bout. Ce fut une aventure mais elle fut absolument satisfaisante.

Carolina : Cette œuvre a été conçue en plusieurs étapes et il m’a fallu six mois pour l’achever. Honnêtement je n’avais aucune idée de ce que cette œuvre signifiait dans un premier temps. Au fur et à mesure, je me suis rendue compte que cette œuvre avait quelque chose à exprimer sur la notion de volonté. Elle devenait de plus en plus imposante. Elle nécessitait de plus en plus d’espace. Quand je l’ai achevée, il m’a fallu plusieurs semaines pour y revenir et découvrir ce qu’elle avait à révéler. C’est une peinture abstraite, donc à quoi était-elle connectée ? Je sentis que j’avais affaire aux dix destinées que j’avais peintes avant. Petit à petit, en la contemplant, son sens est devenu plus clair à mes yeux et cette œuvre a trouvé sa place au sein de la collection. Avec toutes ces couleurs et ces formes vous pouvez créer les sept milliards de vies restantes et bien d’autres. Malgré les similarités, il n’y a pas deux existences identiques. Parfois, il n’y a pas de choix et j’appelle cela le sort. Par exemple, en cas de maladie ou en gagnant à la loterie. Parfois, c’est plus à propos d’un choix que du sort: par exemple, le choix de la profession ou celui d’un partenaire pour commencer une vie à deux. Parfois, choisir ce que l’on veut est aisé, parfois nos choix sont difficiles. La vie est une belle aventure créative.

Fate, choice and the possibilities of life

Carolina : Elle concerne le rêve et la créativité. Lorsque vous passez le pas de la porte, vous pénétrez dans un état d’esprit, un monde «au-delà de l’arc-en-ciel » comme le chantait Judy Garland. Vous pouvez toujours écouter la chanson sur YouTube. Dans cet espace, la première peinture que vous voyez est ma version du paradis. Le paradis, selon moi, ne se rejoint pas après la mort mais est une expérience d’ici et maintenant : me sentir chez moi avec moi-même. Le jeu est un moyen d’être en totale harmonie avec-soi-même. Lorsque je joue, je ne pense plus, je suis juste là. Quand je peints, quand je crée, je joue. Je m’abandonne à ce qui retient mon attention, à ce qui me fait sourire et m’inspire un sentiment de plénitude. Je peux être créative seulement lorsque ma pensée passe au second plan. Créer est une expérience pour moi. Cela implique plus qu’une pensée rationnelle, elle concerne mes sensations, mes sentiments, mon intuition, mes souvenirs. Il est question de couleurs, de formes et d’ambiances. Il s’agit de rendre visible ces choses que je ressens. Quand je peins, je ne pense pas, j’agis.